RÉFLEXIONS SUR L’ÉDUCATION : La répétition mène à la maitrise

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Dans une classe Montessori, l’environnement est riche en matériel qui conduit à la recherche et les leçons sont appropriées à l’âge des enfants desservis. Comme école accréditée auprès du CCAM, nos enseignants responsables enseignent au niveau pour lequel ils ont suivi une formation à MACTE-collèges accrédités pour enseignants à travers le monde.

Le mouvement autodirigé est intégré à la structure de la classe. Avec tous ces grands principes uniques Montessori en place, le but ultime est de créer des situations qui « allient » une tâche et les besoins développementaux de l’enfant. L’enfant est alors absorbé par son travail.

C’est ce que Csikszentmihalyi (lien vers son TedTalk) nomme engagement ou état de « flux ». Montessori a décrit sa première découverte « inoubliable » de ce phénomène en observant une enfant engagée :

« J’ai observé l’enfant intensément d’abord sans la déranger, et j’ai commencé à compter combien de fois elle a répété l’exercice. Puis, réalisant qu’elle allait continuer encore longtemps, j’ai pris le petit fauteuil sur lequel elle était assise, puis j’ai placé le fauteuil et l’enfant sur la table ; la petite a immédiatement pris sa boite de figures, l’a placée sur les bras du fauteuil et elle a mis les cylindres sur elle, prête à travailler à nouveau. Puis, j’ai appelé tous les enfants pour chanter ; ils ont chanté, mais la petite fille a continué, sans s’arrêter, à répéter son exercice même après que la courte chanson ait été terminée. J’ai compté quarante-quatre répétitions. Lorsqu’elle s’est enfin arrêtée, ce fut indépendamment de tout stimulus qui aurait pu la distraire et elle regardait autour avec un air satisfait, presque comme si elle venait de se réveiller d’une sieste, rafraichie ».
Maria Montessori, Spontaneous Activity in Education [Traduction libre]

Aujourd’hui, les neurosciences ont pu identifier les mécanismes exacts (protéines particulières et différents types de cellules du cerveau) de ce qui est souvent décrit comme étant la plasticité du cerveau – le fait que les circuits neuronaux du cerveau se réorganisent en réponse à une expérience ou à une stimulation sensorielle.

Le recherchiste Mihaly Csikszentmihalyi est devenu célèbre dans son domaine à cause de ses réflexions sur l’expérience humaine qu’il décrit comme étant le « flux ». Lorsque nous en faisons l’expérience, une personne est si intensément engagée dans ce qu’elle fait qu’elle perd la notion de temps et de lieu. Ceci arrive lorsque la tâche que nous accomplissons n’est ni trop facile, ni trop difficile, mais un cran ou deux au-delà des habiletés actuelles de la personne. Lorsque l’esprit et le corps sont stimulés de cette façon, l’effort lui-même est la récompense la plus délicieuse (Daniel Pink, Drive).

Contrairement à ce que nous avons tendance à croire… les meilleurs moments de notre vie n’arrivent pas lorsque la personne est passive, au repos ou relaxant même si de telles expériences peuvent être satisfaisantes si nous avons travaillé fort pour les atteindre. Les meilleurs moments sont ceux où le corps ou l’esprit d’une personne sont utilisés jusqu’à leur limite dans un effort volontaire en vue d’accomplir quelque chose qui est difficile et qui en vaut la peine (Mihaly Csikszentmihalyi, Vivre : La psychologie du bonheur).

Différents types de plasticité du cerveau dominent pendant certaines périodes dans la vie d’une personne : cela se passe pendant le développement normal du cerveau, de l’enfance à l’âge adulte, et comme mécanisme adaptatif qui compense pour les fonctions perdues ou qui maximise une fonction.

Notre cerveau est conçu pour être engagé dans une activité significative. Lorsque les humains sont privés d’engagement dans leur vie, Csikszentmihalyi a observé qu’ils plongent dans un état « similaire à un désordre psychiatrique grave » (Pink). [Traduction libre]

Dre Montessori a réalisé que lorsque les enfants ont un environnement stable dans lequel ils peuvent expérimenter le matériel en se concentrant, de nombreux problèmes psychologiques et comportementaux disparaissent et les enfants peuvent atteindre leur plein potentiel humain.

Csikszentmihalyi et Montessori en sont venus à comprendre comment chez les humains les frontières entre le travail et le jeu sont en quelque sorte artificielles et que les enfants, qu’ils soient amenés vers un travail significatif de leur propre gré ou guidés par l’enseignant en sont les meilleurs exemples.

Respectueusement,

Gregory Dixon
Directeur d’école